DIWALI et GOVARDHANA: Temps fort du nouvel an Hindou

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Auteur: Claire MAZAL

En ces temps où de plus en plus de scientifiques sonnent l’alarme concernant une nécessaire prise de conscience rapide, globale et urgente de notre environnement, il est intéressant de noter que deux fêtes très ancienne, sont célébrées parmi tant d’autres chaque année en Inde au mois d’octobre (le 18 Octobre cette année).

Au quatrième jour de DIWALI, la fête des lumières, est célébrée la fête de GOVARDHANA (go=vache en sanskrit et aradhana=adorer). C’est le jour où chacun célèbre sa reconnaissance envers notre mère la Nature et notre mère la vache, pour tous les bienfaits qu’elles nous donnent par ses fruits et légumes, ses céréales et ses produits laitiers, ni nécessaire à notre équilibre et à notre santé.

Parce que cette reconnaissance a disparu de la conscience de l’homme moderne occidentale, et parce qu’il préfère par ignorance, se nourrir de son sang, plutôt que de son lait, la vache est devenue l’animal martyr du 21eme siècle, en toute impunité, sans que cela émeuve quiconque. Ce génocide des animaux si communément répandu est aussi révoltant que celui infligé aux humains. Pourtant personne ni aucun gouvernement ne s’insurge concrètement, et les abattoirs continuent d’alimenter les chaines de hamburgers et nos supermarchés où petits et grands viendront se ravitailler dans quelques mois pour célébrer le petit Jésus…

Quel paradoxe ! la paix du Christ via Auschwitz dans nos assiettes… hum…

Il y a 5000 ans, dans l’Inde Védique, ceci était tout simplement impensable et abattre ou maltraiter une vache ou un bœuf était jugé extrêmement coupable et condamnait son responsable non seulement à une peine de mort certaine, mais aussi à un destin de plusieurs vies à venir très sombre…

Pauvre société moderne…si fière de sa technologie, de sa médecine, de ses gratte-ciels, si arrogante, indépendante, sûre d’elle… Elle ne sait pas que comme Panurge, elle se rue vers le gouffre où l’entraine les conséquences des actes répréhensibles qu’elle commet, au nom d’un athéisme irresponsable, qui l’aveugle au point de faire perdre à tous l’équilibre primordial : Celui de la planète.

D’aucun diront : Mais que viennent faire nos croyances là dedans ? parlons-en…

Le dicton populaire dit « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ! ». Autrement dit, quand l’homme cesse de se considérer comme subordonné à une Intelligence Supérieure, mais indépendant jusqu’à nier même l’existence de cette Intelligence Supérieure, et se proclamer à la place au centre de l’univers, les problèmes surgissent en masse, la désharmonie s’amorce. Comme la chair est impossible sans noyau, de même nous ne sommes rien sans Dieu. L’histoire le montre.

Il ne s’agit pas de favoriser tel ou tel dogmes politiques ou religieux, mais bien plutôt de développer notre Conscience : A partir du moment où nous perdons la conscience de notre nature originelle de « serviteur-servant », nous perdons notre souveraineté et par là notre aptitude à régner correctement sur les « champs » que nous « possédons » : nous même, notre corps, la cellule familiale, la société, l’économie, les Nations (des)-Unies, la planète toute entière. Au lieu d’harmonie, cette mentalité d’insurgé sème la discorde et le chaos, le mensonge et l’hypocrisie, l’arrogance et l’opportunisme, brisant les vertus salutaires de la véracité, de l’honneur, de l’honnêteté etc.

La récolte est alors une disharmonie fondamentale sous forme de guerres multi-niveaux où la tendance à exploiter son prochain prévaut sur le reste, où les plus faibles au lieu d’être éduqués et protégés sont exterminés et négligés : en témoigne l’abattage en masse des animaux, les avortements systématiques, la famine organisée des pays dit « sous-développés », tous sont autant de catastrophes « naturelles » que le réchauffement de la planète où l’alignement des pôles prévus pour 2012. Ce sont des signes de fièvres intenses de la conscience humaine, des signaux posés de manière alarmante sur nos routes pour tenter de nous faire réaliser que nous nous trompons. Mais l’enfant insoumis et arrogant que nous sommes, fait fi de ces avertissements, rigole et s’échappe pour recommencer ses bêtises de plus belle, sans savoir que la nature est bien notre mère et qu’elle a de vrais châtiments-leçons-bénédictions qui nous rattrapent inexorablement comme notre ombre, pour nous éduquer…à plus d’humilité, de respect et de sagesse.

En Inde, Diwali « la fête des lumières » est l’occasion de se remémorer que nous sommes et restons non-indépendant, parfaitement soumis à un ordre divin cosmique qu’il convient de respecter.

Quel est l’origine de cette histoire ?

Diwali est un festival de 5 jours qui marque le nouvel an Hindoue. Diwali est une déformation du mot  Deepavali“, qui a pour sens littéral en Sanskrit : “une rangée de lampes”(deepa=bougies et vali=en nombres). Remplir d’huile des lampes d’argile, allumer leurs mèches et les disposer en rangées dans la maison est une tradition populaire dans la plupart des régions du pays. Les lampes représentent la prospérité ou Lakshmi, la Déesse de la Fortune, et les feux d’artifices sont supposés effrayer et chasser les mauvais esprits.

Mais il y a une raison plus profonde à cette pratique :

En allumant des centaines de bougies partout dans les temples et les maisons, et en cuisinant de la nourriture que l’on offrira aux Déités familiales ou celles des temples (murtis en sanskrit) les habitants ravivent une ancienne histoire : celle du retour glorieux du Seigneur Ramachandra, le Roi Divin parfait, dont l’épopée de ses 12 années d’exil est longuement racontée par le menu dans le plus long poème au monde qu’est le ramayana.

Un peu d’histoire…

Le Seigneur Rama fit son apparition avec ses frères comme étant le fils de Dasharatha et Kaushalya dans la cité d’Ayodhya en Inde au cours de ce que les érudits appellent le troisième Age (à la fin duquel commence le Kali Yuga, l’âge de fer, celui où nous sommes). Dès son plus jeune âge, il montrait une grande prouesse au maniement de l’arc et était un grand guerrier. Il vaincu les démons mangeur d’homme dans la forêt pour son guru  Vishvamitra. Après avoir brisé l’arc de Shiva, le Seigneur Rama épousa Sita qui n’était autre que Lakshmi la Déesse de la Fortune, elle-même.

Son père fut contraint de le bannir. En effet il avait promis à Kaushalya, l’une de ses épouses qui l’avait sauvé de la mort, d’accomplir un de ses vœux quand elle le voudrait. La veille du couronnement tant attendu de Rama, agitée par une jalousie implacable, elle formula son vœu à son époux, d’envoyer Rama en exil pour 12 années et de couronner Bharata, son propre fils, à la place. Le roi cru défaillir tant il était attaché à Rama, mais à cette époque, il n’était pas question de transiger, tant une promesse et le poids des mots faisait force de loi. Rama entra donc dans la forêt, avec son frère Lakshman, et son épouse  Sita. Effondré, le vieux roi en mourut de chagrin.

Ils passèrent plusieurs années de bonheur menant une vie simple et champêtre loin des fastes royaux jusqu’au jour où Sita fut capturée et emmenée par Ravana, un roi démoniaque. Rama et Lakshman cherchèrent  Sita partout, mais Sita avait été emmenée dans l’île de Lanka où Ravana essayait de la convaincre d’abandonner Rama et de le prendre lui à la place pour époux.

Le Seigneur Rama est l’incarnation du pouvoir temporel parfait, des valeurs  morales de justice et l’exemple d’activités héroïques. Il resta fidèle à sa promesse pour être le fils idéal de son père. Même quand il perdit Sita, il ne retourna pas à Ayodhya, mais continua à la chercher. Il fut aidé en cela par une armée de singes menée par leur chef Sugriva, et Sri Hanuman, tous deux totalement dédié au service de leur divin Maitre. Quand ils eurent cherché partout, en vain, l’espoir failli, mais Hanuman en fidèle serviteur, sauta au dessus de l’océan et atterrit à Lanka. Il trouva Sita se languissant dans un bosquet d’arbres dans la cour du palais de Ravana. Il repartit  annoncer la grande nouvelle à Rama, lui ramenant l’anneau de Sita pour gage, et ensemble ils construisirent un pont à travers l’océan. (Ce pont existe toujours, une photo de la Nasa le montre).

La bataille fut longue et difficile, mais le Seigneur  Rama confronta personnellement Ravana et lui dit : “Tu as volé mon épouse comme un chien volerait de la nourriture sur une table en l’absence de son maître. Tu es des plus abominables, pêcheur et effronté . Aujourd’hui, moi qui n’ai jamais failli, je vais te punir” Après avoir châtié Ravana, le Seigneur Rama tira une flèche et lui perça le cœur dans un éclair. Ainsi Ravana quitta son corps.

Rama, Sita, Lakshman et Hanuman retournèrent ensuite dans le royaume d’Ayodhya. La cité était en joie et des milliers de lampes brillaient partout dans le nuit, symbole de la victoire de Rama sur Ravana, du bien sur le mal.

C’est pour cette raison qu’à cette occasion partout en Inde, tous célèbrent encore aujourd’hui, le retour du Seigneur Rama. Partout, jeunes ou vieux, érudits ou ignorants, tous lisent les divertissements et les enseignements de Rama dans le livre sacré du Ramayana, et invoquent la miséricorde d’Hanuman afin de devenir comme lui de fidèles serviteurs.

Le quatrième jour de Diwali est le jour où le Puja (célébration) de Govardhan est accomplit.

De quoi s’agit-il ?

Dans le nord de l’Inde, Govardhana Puja est célébré avec beaucoup de zèle et d’enthousiasme. Les États du Punjab, Haryana, Uttrar Pradesh et du Bihar ont comme tradition la construction de collines de fumier qui symbolisent le Mont Govardhana. Ces collines sont décorées avec des fleurs et adorées par les gens. Ils tournent  autour des collines en offrant des prières à la colline Govardhana.

Pourquoi cette pratique ? D’où vient cette fête ?

Il y a 5000 ans, dans le petit village de Vrindavana en Inde (au nord de l’actuel New-Delhi), vivait Krishna,

(Lire Son Histoire)

Balaram son frère, entourés de leur petits copains, gopas et gopis (bergers et bergères en sanskrit) avec qui ils gardaient les vaches dans les pâturages et la forêt, ainsi que toute la communauté de leur village rassemblée autour de Nanda Maharaja, leur père adoptif, chef du village et Yasoda Mata, leur mère adoptive, une des épouses de Nanda Maharaja. (pour les Vaisnavas Hindous, Krishna est Dieu au même titre que Jésus-le Christ l’est pour un chrétien, même si les Ecritures Védique y voient quelques différences, dans l’ensemble la compréhension est similaire.)

Images de Krishna

Ainsi donc, ce jour-là, les habitants de Vrindavan faisaient un festival en l’honneur d’Indra, chef des dévas (les dévas ou demi-dieu ont chacun une fonction particulière dans l’univers, comme les ministres au sein d’un gouvernement). Indra lui est chargé de fournir la pluie si essentielle aux récoltes. Cependant, Krishna encore enfant, supplia son père et les habitants de Vrindavan de Le vénérer lui, à la place d’Indra, ainsi que la colline Govardhana, les vaches et les bœufs. Etonné mais attendri, Nanda Maharaja accéda à la demande de son fils.


Offensé et scandalisé, Indra se vengea  en déversant sur le village des pluies torrentielles d’une rare violence, et de la foudre, éléments qu’il invoque uniquement dans les temps de dévastation. Apeuré et en plein désarroi les habitants implorèrent Krishna de les sauver du désastre.

Il répondit calmement en soulevant la colline Govardhana avec le petit doigt de Sa main gauche révélant sous ses pas une ville souterraine capable d’abriter l’ensemble de la population. Pendant sept jours et sept nuits, le Seigneur soutint la colline, comme un gigantesque parapluie. Devant ce prodige et devant l’inconcevable puissance de cet enfant, Indra réalisa que son attaque d’orages et d’éclairs était très futile, et qu’aveuglé par son orgueil et son arrogance, il en avait oublié sa véritable position de serviteur du Seigneur et que Krishna, le petit pâtre au teint sombre bleutée, dont la flûte ravit le cœur de Ses dévots, n’était nul autre que Dieu la Personne Suprême.

Il rappela immédiatement ses nuages sombres et humblement, s’inclina devant le Seigneur Krishna les mains jointes, lui offrant des prières en le suppliant de lui pardonner.


Par cette fête et ce divertissement, Krishna nous enseigne que quelle que soit notre position et notre pouvoir au sein de l’univers matériel, il n’en reste pas moins que chaque entité est subordonnée à Dieu, et que la tendance populaire de vouloir adorer les dévas afin d’obtenir des bienfaits matériels est superflue car ces même bienfaits peuvent être très facilement atteint en adorant directement le Seigneur Suprême, la cause de toutes les causes.

Pour célébrer ce festival, les dévots confectionnent une réplique de la colline Govardhan en biscuits et sucreries de toutes sortes, afin de vénérer d’une manière très personnelle le Seigneur Krishna comme Giridhari, Celui qui a soulevé la colline Govardhan.

Ensuite un prêtre offre l’arati, célébration où une lampe à ghi, de l’encens, de l’eau et des fleurs sont offerts à la colline qui représente Krishna. Cette nourriture ainsi sanctifiée (prasada) est ensuite distribués aux pèlerins alentours. Ce jour là également, les vaches et les bœufs sont aussi nourris avec un soin tout particulier en souvenir du petit pâtre de Vrindavan.

Claire MAZAL


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Une réponse à “DIWALI et GOVARDHANA: Temps fort du nouvel an Hindou”

  1. Bonjour,
    J’aurai voulu savoir quel est le tableau de la 4ème image de votre article, juste après avoir évoqué le retour du Seigneur Ramachandra.
    Merci d’avance !

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